segunda-feira, dezembro 31, 2007

domingo, dezembro 30, 2007





Outro texto, enviado agora por Antonio Romane

Musharraf, unique carte de Bush au Pakistan

LE MONDE | 29.12.07 | 12h38 • Mis à jour le 29.12.07 | 16h59

Zia Mian dirige le projet "Paix et Sécurité en Asie du Sud" à l'Ecole Woodrow-Wilson de sciences politiques et de relations internationales de l'université de Princeton.
Benazir Bhutto, ex-premier ministre du Pakistan et chef de l'opposition au président Musharraf, a été assassinée jeudi 27 décembre. Qui a pu la tuer ?

A l'évidence, un groupe intégriste. Elle faisait une campagne électorale très dure contre les islamistes, qu'elle avait engagée avant même son retour au Pakistan. Je ne crois pas aux thèses qui désignent les services secrets (l'ISI) et le président-général Musharraf. Le "pacte" entre elle et lui tenait. Contrairement à l'autre opposant, Nawaz Sharif, qui dénonçait des élections truquées, elle acceptait d'y participer et elle admettait de fait le maintien de Pervez Musharraf à la tête de l'Etat. Et, malgré ses attaques, ce dernier ne ressortait pas contre elle les accusations de corruption. Le "plan américain" - Musharraf président et elle premier ministre - restait donc l'option probable à terme. C'est cette option que le groupe intégriste qui l'a tuée a voulu éliminer.

Le Pakistan risque-t-il de plonger dans le chaos ?

Pas dans l'immédiat. Il y aura des soulèvements des partisans de Mme Bhutto, mais sans son leadership, leur capacité de mobilisation sera restreinte. A moyen terme se posent deux problèmes. Un : que va devenir le Parti du peuple sans Benazir ? Il est la seule formation nationale laïque. Deux : le pouvoir de Musharraf, déjà très isolé, risque de l'être plus encore. Sa légitimité, très contestée, sera encore plus atteinte. George Bush a immédiatement déclaré : "Le processus démocratique continue." Mais avec qui ? Et comment ? Son "plan" pour le Pakistan est à terre, et il n'a pas d'autre choix que d'appuyer et de s'appuyer sur le général Musharraf et sur l'armée.

Les Américains semblent pourtant avoir "découvert" récemment que le général Musharraf n'est pas l'"ami" fiable qu'ils croyaient...

Je ne crois pas à la "naïveté" de M. Bush. Les Etats-Unis sont dans le cas de l'entreprise qui dépend d'un unique sous-traitant. Au Pakistan, ils ne peuvent s'appuyer sur un gouvernement civil, car l'armée restera le pouvoir réel - ce qu'elle a été durant cinquante ans sur les soixante années d'indépendance du pays. Ils connaissent Musharraf. Le chef d'état-major, le général Ashfaq Kiani, a été formé chez eux, à Fort Leavenworth. Mais ils sont très inquiets parce que, depuis les années 1990, ils ont cessé de former les cadres de l'armée pakistanaise. Ils ne connaissent pas la génération montante d'officiers. Washington a deux préoccupations majeures : la stabilité du pays, donc y trouver des appuis fiables, et le nucléaire.

A quoi est due leur inquiétude soudaine sur le programme nucléaire pakistanais ?

En vérité, elle remonte aux années 1970, lorsque le premier ministre, Zulficar Ali Bhutto (le père de Benazir), évoquant la "bombe islamique", avait lancé : "L'Occident l'a, les Russes l'ont, les Indiens et les juifs l'ont, et seuls les musulmans ne l'auraient pas ?" Mais la conscience américaine du risque a varié selon les circonstances. Lors de la guerre en Afghanistan (1979-1989), les Etats-Unis s'en souciaient peu. Puis ils ont espéré obtenir un gel du programme nucléaire pakistanais. Lorsqu'Islamabad a effectué son premier test, en 1998, ils en ont pris leur parti. Et l'inquiétude s'est évanouie après le 11-Septembre. Mais après être intervenus en Afghanistan, ils ont découvert que des scientifiques pakistanais avaient eu des relations avec Al-Qaida - ce que les pacifistes pakistanais clamaient depuis longtemps ! Cela les a terrorisés. Ils ont alors financé un programme secret de sécurisation du nucléaire pakistanais. Ils étaient donc inquiets. Mais ils n'avaient pas d'allié plus fiable dans la région. Et aucun moyen de vérifier si des militaires ou des scientifiques avaient des relations avec Al-Qaida.

Aucun moyen, vraiment ?

Non. Ces liens ont un aspect public et un autre caché. En 2002, les partis islamistes ont tous voté au Parlement pakistanais pour Musharraf, dont le pouvoir était issu d'un putsch. Et lui a conclu un pacte avec eux : soutenez-nous à Islamabad, vous serez libres de gérer vos zones. L'aspect masqué est que, des années durant, l'ISI, le service secret, a équipé et entraîné les talibans, très présents dans ces zones, jusqu'à leur prise de pouvoir en Afghanistan. Ils ont aussi armé les islamistes au Cachemire face à l'Inde. L'ISI bâtit ces passerelles pour des raisons géostratégiques, pas idéologiques.

Quand ces passerelles se sont-elles instaurées ?

Lorsqu'il était au pouvoir (1978-1993), le général Mohammed Zia a largement islamisé la société. La charia est devenue la loi suprême dès 1979. Les emplois publics ont été alloués en fonction de critères religieux. Les livres scolaires ont été réécrits. Personne n'a été surpris quand des scientifiques nucléaires ont commencé à apparaître dans des meetings islamistes, dans les années 1990.

Les Américains sont-ils réellement tenus à l'écart du programme nucléaire ?

Oui. Au Pakistan, le nucléaire - même civil ! - n'est jamais discuté au Parlement ; le gouvernement n'est pas informé. Après le 11-Septembre, au moment même où George Bush conclut son pacte avec Musharraf, l'armée déplace tous ses sites nucléarisés !

Qui, au Pakistan, a voulu acquérir la bombe atomique et pourquoi ?

En 1953, le premier ministre, Mohamed Ali, rend visite au président Eisenhower, qui vient de lancer l'"Atom for Peace Program". Les Américains accueillent des scientifiques étrangers, Pakistanais et Indiens inclus, pour les former au nucléaire civil. Munir Ahmed Khan, futur président de la commission à l'énergie atomique pakistanaise, en fait partie. Et comme, en ces temps de guerre froide, le Pakistan est sur la ligne de front face à l'URSS, ils y envoient des instructeurs "expliquer" la guerre nucléaire aux militaires. Mais ils n'ont aucun projet de les aider à acquérir l'arme atomique.

Pourquoi Islamabad refuse-t-il d'adhérer au Traité de non-prolifération ?

Parce que l'Inde ne l'a pas fait. Mais il existe une autre raison. Delhi a une capacité conventionnelle très supérieure. Dès lors, l'armée pakistanaise dit : "Nous sommes si faibles que nous n'avons que la bombe A pour nous défendre." Parallèlement, elle demande aux Etats-Unis toujours plus d'armes conventionnelles pour ne pas avoir à utiliser la bombe.

Pourquoi Washington a-t-il refusé de fournir à Islamabad le système PALS, qui sécurise l'usage de missiles à tête nucléaire ?

Ils lui ont refusé cette technologie par crainte de faciliter l'installation des têtes nucléaires sur les missiles. Mais ils leur en ont expliqué le principe, qui est simple. Je crois que l'armée pakistanaise dispose de son système de sécurisation. De toute façon, elle tient ses têtes nucléaires séparées des missiles.

Pourquoi ?

Pour éviter qu'un capitaine les utilise pour la plus grande gloire de Dieu ! Plus sérieusement, ils le font pour laisser les Américains dans l'inconnu sur l'état réel de leur capacité nucléaire.

Peut-on craindre une alliance à l'avenir entre les militaires et les islamistes aux Pakistan ?

Des passerelles existent, mais un accord de fond est très peu envisageable. D'abord, les islamistes sont moins puissants qu'on ne le croit. Même dans les zones tribales, pour qu'ils l'emportent, il a fallu exclure le parti laïc autonomiste pachtoun Awami. Ensuite, ils ne forment pas un bloc monolithique. Surtout, leurs alliances avec le régime sont purement d'intérêt. L'armée les utilise pour contrer les tendances autonomistes régionales, et eux renforcent ainsi leur emprise. Enfin, une alliance idéologique entre militaires et djihadistes es extrêmement improbable. Des groupes de militaires peuvent basculer, pas l'armée, qui a une très forte cohésion. On connaît des cas où la police a été empêchée par des militaires de confisquer des armes livrées à des madrasas, mais je ne crois pas que l'arme atomique puisse jamais parvenir entre leurs mains.

Les militaires continuent-ils de soutenir en sous-main les talibans ?

L'armée bâtit pour l'avenir. L'OTAN ne restera pas éternellement en Afghanistan. On en revient toujours au même point : les Pachtouns étant répartis entre les deux Etats, Islamabad, en s'appuyant sur les fondamentalistes, contre les tendances à la constitution d'un grand Pachtounistan au détriment de l'unité du Pakistan.

Quel regard les élites politiques pakistanaises portent-elles sur Washington ?

A cause de la montée en puissance de la Chine, les Etats-Unis ont conclu des traités de défense puis nucléaire avec Delhi, en 2004 et 2005. Tout régime pakistanais, quel qu'il soit, vivra désormais dans la crainte que l'Indene constitue le partenaire stratégique privilégié de Washington. D'où de fortes tendances à Islamabad à resserrer les liens avec Pékin. Amérique et Chine sont en situation de dépendance économique et de guerre froide géostratégique latente. Si celle-ci se renforce, le risque est que le front des conflits sino-américains soit délégué à la zone indo-pakistanaise. Partie la plus faible, Islamabad est obnubilé par le renforcement de son potentiel militaire conventionnel et nucléaire. Il y a là une situation explosive.

DOIS ARTIGOS ESCLARECEDORES SOBRE O PAQUISTAO, E SOBRE A POLITICA EXTERNA DE G. W. BUSH

FOLHA DE SÃO PAULO

São Paulo, domingo, 30 de dezembro de 2007

ARTIGO

Paquistão expõe fracasso da estratégia americana

Ditadores militares que tiveram apoio dos EUA semearam radicalismo islâmico

AZIZ HUQ

DA "NATION"
Não seria necessário dizer que a morte de qualquer ser humano é uma tragédia. Mas o assassinato da antiga primeira-ministra paquistanesa Benazir Bhutto e de mais de uma dúzia de pessoas, em Liaquat Bagh, Rawalpindi, traz ecos da violenta história paquistanesa, serve como presságio de novos atos violentos e indica que um país orgulhoso se verá arremessado ao caos. O atentado também sinaliza a manifesta bancarrota da política de combate ao terrorismo adotada pelo governo Bush na região. 

Foi em Liaquat Bagh que o segundo premiê paquistanês, Liaquat Ali Khan, foi assassinado em um comício, em outubro de 1951. Quatro anos depois, a lei marcial seria decretada pela primeira vez, antes que a primeira Constituição do país fosse promulgada. E foi nas imediações do local do atentado de quinta-feira em Liaquat Bagh, na prisão central de Rawalpindi, que o pai de Benazir, Zulfiqar Ali Bhutto, foi executado por enforcamento, às 2h do dia 4 de abril de 1979. 

Execuções eram usualmente realizadas ao raiar do dia, mas o governo militar desejava evitar protestos públicos. Como sua filha, Bhutto foi premiê do Paquistão pela via eleitoral. De fato, foi ele que promoveu a relativamente limpa eleição paquistanesa de março de 1977, e teve sua vitória roubada por um golpe militar comandado por um antigo amigo e aliado, o general de Exército Zia-ul-Haq. Ironicamente, Zia desferiu seu golpe, que contava com o apoio dos EUA, na noite de 4 de julho de 1977 [data da independência americana]. 

Mulás e metralhadoras

Como o generalíssimo Pervez Musharraf, que hoje governa com apoio norte-americano, Zia dependia dos mulás e das metralhadoras fornecidas pelos aliados para compensar a falta de democracia. Graças ao papel de intermediação exercido pelo ISI, o serviço secreto paquistanês, na guerra dos mujahedin afegãos contra as forças de ocupação soviéticas, Zia continuou contando com o apoio de Washington mesmo depois de adiar eleições, perseguir o Judiciário e elevar as facções religiosas à condição de protagonistas da vida política nacional. Pois foi Zia que criou o primeiro tribunal baseado na Sharia, a lei tradicional muçulmana, bem como um conselho nacional conhecido como Majlis-e-Shoora, cujo objetivo seria presidir sobre seu conceito de "democracia islâmica". Quando morreu, em agosto de 1988, Zia legou um panorama que a cientista política Ayesha Jalal descreve como "subserviente, fragmentado, corrupto, e violento", um sistema político que, aparentemente, continuou a merecer a fiel adesão de seus aliados americanos até a extinção. A situação parece familiar? 
Pois é. Em seus anos como presidente e comandante do Exército, Musharraf gradualmente reduziu o espaço político do PPP, o partido dos Bhutto, e do PLM-N, de Nawaz Sharif, e impôs pressão sobre a imprensa paquistanesa ferozmente independente. O presidente preferiu depender de uma aliança de seis partidos islâmicos conhecida como Muttahida Majlis-e-Amal (MMA), que hoje governa duas das quatro unidades federativas, o Baluquistão e a Província da Fronteira Noroeste. 

Nos últimos 12 meses, ele voltou a subjugar o Judiciário, expurgando juízes independentes. E, durante seu governo, a ditadura militar ampliou seu alcance, estendendo tentáculos por porções cada vez maiores da economia, do setor de construção aos cereais matutinos. Hoje, a analista militar Ayesha Sideqque estima que os cinco conglomerados, ou "fundações de bem-estar", que operam sob o controle das Forças Armadas controlem ativos econômicos de cerca de US$ 20 bilhões. Essa influência sobre a vida econômica do país significa que os militares têm um grande e constante interesse em controlar o processo político. Apesar dos lamentos populares, ninguém acredita de verdade que Benazir pudesse vir a representar uma figura redentora. Em lugar disso, ela representava uma conexão histórica com aquele breve momento de democracia em meio à história paquistanesa, que vem transcorrendo sob domínio militar quase constante. Desde 1955, o Paquistão vem sendo governado por generais, com curtos intervalos de domínio civil.

AZIZ HUQ é diretor do projeto de liberdade e segurança nacional do Centro de Justiça Brennan, da Universidade de Nova York, e co-autor de "Unchecked and Unbalanced: Presidential Power in a Time of Terror" (Sem controle e desbalanceado: o poder presidencial em tempo de terror)

Sem Benazir, militares devem reforçar ligações com radicais
AZIZ HUQ

A morte de uma importante líder oposicionista facilitará a Pervez Musharraf a criação de uma coalizão parlamentar que aja de acordo com seus desejos, se forem realizadas as eleições previstas para janeiro. E também torna mais distante a possibilidade de eleições que não sejam manipuladas, e de líderes que respondam ao povo, e não aos seus comandantes uniformizados. Além disso, agora é ainda mais difícil que os militares paquistaneses abandonem seu relacionamento simbiótico com a linha dura religiosa, nas urnas e nas ruas. Minha aspiração e esperança de democracia no Paquistão não é um sonho romântico. Em lugar disso, a democracia paquistanesa representa a melhor esperança de redimir o desastre que o Paquistão veio a se tornar para a política de segurança nacional dos EUA. 

Não deveria escapar à atenção de ninguém que Musharraf até o momento vem dependendo abertamente do Jamiat Ulema-e-Islam (JUI), um partido religioso favorável ao Taleban, especialmente na Província do Baluquistão. Muitas reportagens consistentes e plausíveis identificaram a região como o local de refúgio de líderes importantes da Al Qaeda, a exemplo de Osama bin Laden, que podem confiar no apoio de líderes tribais e religiosos simpáticos à sua causa. Musharraf depende, para sua sobrevivência política, de facções políticas no mínimo simpáticas ao maior inimigo dos Estados Unidos, e possivelmente culpadas de cumplicidade com o terrorismo. Em meio ao lodaçal da política interna paquistanesa, o amigo de nosso amigo pode bem ser nosso inimigo. Bush vem apoiando um líder militar que, embora alegue ter contido os religiosos militantes, depende dele para seu sucesso nas urnas. 

Espiões e Al Qaeda

Sem democracia, porém, não existe a mais remota possibilidade de romper esse elo fatal e de remover o refúgio da liderança da Al Qaeda. Sem democracia, há escassas chances de que os líderes tribais e religiosos que oferecem proteção estratégica ao Taleban sejam conquistados como aliados. Sem democracia, não há chance de uma reforma das madrassas, que não só formam "mártires" para a Caxemira e o Afeganistão como ajudam e reconfortam o pequeno número de muçulmanos ocidentais que desejam justificar a violência. Um agravante é a incompetência americana. Como no Iraque, bilhões de dólares em assistência foram desperdiçados por incompetência e descuido, e por isso o Exército paquistanês continua incapaz ou pouco disposto a invadir as áreas de refúgio do Taleban. Pior, não existe plano alternativo em vista. Sob a tutela dos EUA, os militares paquistaneses engordaram e se tornaram ainda mais toscos. 

A política do governo Bush para o Paquistão constitui, em resumo, um desastre. Como de hábito, a Casa Branca presumiu que força militar -no caso exercida por um Estado vassalo- seria capaz de restringir o terrorismo. Como de hábito, os líderes americanos fracassaram em compreender relacionamentos complexos, no caso o elo entre a ISI [agência de espionagem paquistanesa] e a Al Qaeda, que remonta à guerra soviética do Afeganistão, e a maneira pela qual a corrupção e a inclinação cada vez maior a uma política de base religiosa conduzem mais e mais pessoas a aderir à ideologia maniqueísta de nossos inimigos. 

Estados falidos

A política do governo americano para o Paquistão é pior que um desastre. Ela está fomentando a erosão do limitado sucesso conquistado no Afeganistão. Está alimentando a propaganda de que os EUA apóiam tiranos. E está impedindo a realização do objetivo de longo prazo: um Paquistão que não sirva de refúgio a terroristas ou campo de treinamento para recrutas do Ocidente. A morte de Benazir Bhutto prova que o governo Bush se colocou em uma situação sem saída. Além da repetição cruel da trágica história paquistanesa, a morte de Benazir deveria servir como marco das dimensões do fracasso do governo Bush na região. Porque, em 12 de setembro de 2001, existia um Estado falido, o Afeganistão, que poderia servir de refúgio a terroristas. Agora, as políticas do governo americano criaram dois novos Estados em falência, que não só podem como provavelmente vão sustentar atividades terroristas no futuro.

Tradução de PAULO MIGLIACCI

sábado, dezembro 29, 2007

CARO ROQUE: OBRIGADO! PRA VOCE TAMBEM. MAS SO ACEITO SE VOCE DER SOSSEGO AO INACIO, NO INICIO DE 2008, DEPOIS, SUA CRITICA E NECESSARIA E URGENTE!





www.sponholz.arq.br
Agradeço a todos pela força em 2007
e prometo não dar sossego para o Inácio em 2008.
1grandabraço............roque


quinta-feira, dezembro 27, 2007

Washington Post

Analysis
Bhutto's Assassination Deals Blow to U.S. Goal for Pakistan


By Robin Wright and Glenn Kessler
Washington Post Staff Writers
Thursday, December 27, 2007; 3:09 PM

The assassination today of former prime minister Benazir Bhutto is a major blow to the U.S. goal of stabilizing Pakistan, a volatile ally with nuclear weapons that has served as a frontline against extremism since the Sept. 11, 2001, terrorist attacks, according to former U.S. policymakers and experts.

"Our foreign policy has relied on her presence as a stabilizing force. She had a big public following . . . Without her, we will have to regroup," said Sen. Arlen Specter (R-Pa.), who is in Pakistan and was scheduled to meet Bhutto tonight. "It complicates life for the American government."The Bush administration had worked for more than a year to orchestrate a deal between Bhutto and Musharraf that would allow her to return from exile and run for office as a means of bolstering pro-Western moderates and creating a wider political front against growing extremist movements in Pakistan, especially along its border with Afghanistan. Without Bhutto, Musharraf has virtually no major political allies willing to take positions widely unpopular in Pakistan but critical to U.S. interests. A Pew Survey last summer found only 15 percent of Pakistanis had a favorable view of the United States.

Bhutto's assassination during a campaign stop in Rawalpindi also puts in doubt prospects that an election can produce a credible government, former policymakers and analysts said."More broadly, this is a major loss because the elections scheduled for early January had the potential to move the country forward," said Daniel Markey of the Council on Foreign Relations. "Despite her past failures, she was still a legitimate leader who could have worked with Musharraf and the army to have an accommodation in Islamabad." President Bush condemned Bhutto's assassination as a "cowardly act by murderous extremists" trying to undermine Pakistan's democracy. Within hours of the attack, Bush called Musharraf to express U.S. support for the democratic transition and upcoming elections. "We don't want to see any kind of backsliding in terms of people's civil liberties," a senior State Department official said, adding this was the message Bush planned to make to Musharraf.

The administration was clearly taken aback by Bhutto's death, despite earlier assassination attempts and ongoing threats against her. "Washington has seen Bhutto as the bridge into civilian democratic government and now that she's been removed, the administration will have to reassess how it deals with a very uncertain future for Pakistan," said Karl F. Inderfurth, former assistant secretary of state for South Asia.In a statement, Secretary of State Condoleezza Rice appealed to Pakistanis to remain calm and to continue to try and build a "moderate" democracy. Washington also signaled that the elections should go forward without delay, arguing that any postponement would only reward Bhutto's killers.

"I don't think it would do any justice to her memory to have an election postponed or canceled simply as a result of this tragic incident," State Department spokesman Tom Casey told reporters. "The only people that win through such a course of action are the people who perpetrated this attack."

The State Department called on President Musharraf and others in the Pakistani government "to do everything they can to create the conditions on the ground to have as free and fair and transparent an election as possible," Casey told reporters. "No political system can last long without having legitimacy in the eyes of its people." The United States is particularly concerned about the potential for initial demonstrations to become open-ended protests against the Musharraf government. U.S. Ambassador to Pakistan Anne W. Patterson is also reaching out to other opposition parties and civil society groups to urge calm, U.S. officials said. Rice telephoned Bhutto's husband as well as Makhdoom Amin Fahim, a deputy leader of Bhutto's Pakistan Peoples Party, to urge them to continue participating in the election, State Department officials said.

Staff writer Amy Gardner contributed to this article from Crawford, Tex.

No Blog de Orlando Tambosi....

Quinta-feira, 27 de Dezembro de 2007
O uso de animais em pesquisa

Recebi este interessante artigo de Antonio Sérgio Ferreira Baptista, médico em Joinville (SC). Deveria ser lido pelos ditadores politicamente corretos que jamais entraram num laboratório de pesquisa e desconhecem os cuidadosos procedimentos adotados no uso de cobaias. E se o tal vereador Deglaber Goulart (um sujeito que veio - vejam só! - da indústria de couro), autor da lei municipal que proíbe o uso de animais em pesquisa em Florianópolis, conhecesse opiniões como a de Baptista, talvez não tivesse apresentado o projeto obscurantista que virou lei.

O debate sobre o uso de animais em pesquisa, muito em voga após Peter Singer e Tom Regan, merece ser discutido em duas frentes: a filosófica e a científica. A filosófica, de Singer e Regan, é baseada num silogismo: homem sente dor e tem direitos, animais sentem dor, portanto também têm direitos. É um argumento ilusório porque os direitos dos homens não dependem de sua capacidade de sentir dor, dependem de sua capacidade de pensar.

Se com eles concordamos, temos que assumir que é tão ruim machucar um mosquito ou uma barata quanto um homem, a menos que criemos uma classificação de criaturas pela complexidade de seu sistema nervoso e definirmos a partir de que ponto a criatura não é senciente.

A resposta a esta questão parece depender de quanto os animais são semelhantes ou diferentes dos seres humanos. A visão dos animais que encontramos na Bíblia é primeiramente de utilidade e não de valor moral. Depois o assunto foi objeto de especulação de Aristóteles a Descartes, passando por Darwin, até hoje. A capacidade de julgamento moral é um dos elementos que nos diferenciam dos animais. Os atributos dos seres humanos dos quais esta capacidade moral nasce, foram descritos por vários filósofos: a consciência interna do livre-arbítrio em Santo Agostinho, a percepção, pela razão humana, do caráter de compromisso da lei moral em Thomas de Aquino, a participação autoconsciente dos seres humanos em uma ordem ética objetiva em Hegel, o desenvolvimento do “eu” humano através da consciência dos outros “eus” morais em Mead e a cognição intuitiva, não derivativa da correção, da justeza de uma ação, em Prichard.

Nenhuma delas encontramos nos animais, portanto falar em direito dos animais equiparando-os a seres humanos é uma atitude muito arriscada. Direitos implicam em uma obrigação e responsabilidades recíprocas, que só são aplicáveis a seres capazes de raciocinar e fazer escolhas baseadas na razão.

Só o homem tem o poder, guiado por um código de moralidade, para lidar com outros membros de sua própria espécie, por meios voluntários e persuasão racional ao invés da força física. Nada disto é relevante aos animais. Eles sobrevivem através de reflexos inatos e percepção sensório-perceptual. Não podem aprender um código de ética. Um leão não é imoral ou criminoso por atacar uma zebra, ou mesmo um homem. A predação é seu natural e único meio de sobrevivência; eles não têm como aprender outro meio. E não tente argumentar com um tigre que ele não deve mordê-lo devido às várias razões éticas e morais.

Enquanto os humanos conquistaram tremendos avanços ao longo do tempo, todos os animais, incluindo os que têm grande proximidade genética conosco, permaneceram no mesmo nível em que começaram. Continuam a levar o mesmo tipo de vida que seus ancestrais levavam há milhares de anos.

Não se pode concluir desta análise que os animais não tenham direitos. Diversos filósofos argumentam que os animais sencientes têm direito a um tratamento humano. No entanto, nenhum animal pode ter direitos como a liberdade religiosa ou o direito à educação, não porque nós humanos sejamos tiranos, mas simplesmente porque estes animais não possuem as capacidades mentais para exercer tais direitos. Além disso, se os animais têm direitos, os que trabalham no campo ou os de estimação teriam que ser considerados escravos.

O comparação de que um homem em coma ou um bebê não têm a capacidade de julgamento moral e portanto poderiam ser utilizados em experiências científicas, como pondera Singer, não leva em conta que esta capacidade que distingue homens de animais não é um teste que tenha que ser administrado aos seres humanos um a um, todo o tempo.

Temos que encarar a realidade: gostem ou não, não é possível pesquisar medicamentos ou desenvolver novas técnicas cirúrgicas sem a utilização de animais, e ponto final. Afirmar que terapias funcionam diferentemente em homens e mulheres é total non-sense. O argumento de que os organismos dos animais e dos homens não são idênticos é uma meia verdade, pois temos mais semelhanças fisiológicas do que diferenças desde o nível subcelular até os grandes sistemas (cardíaco, digestivo, etc). Este argumento também não considera que os mecanismos das doenças são estudados em todos os níveis de organização dos seres vivos. Só a ausência de cauda e pelos vai diferenciá-lo de um cão raivoso se você não procurar um hospital para tomar uma vacina anti-rábica, depois que foi mordido pela pobre criatura.

Além disso, cria-se a idéia de que os animais utilizados em pesquisa são de grande porte, quando 83% são ratos e camundongos, os mesmos que estes ativistas se apressam a matar quando entram em sua casa; 12% são répteis, peixes e pássaros; 3% são outros pequenos mamíferos; 1,3% são grandes mamíferos (vacas, ovelhas etc); 0,4% são gatos e cães; e 0,2% são primatas (Statistics of Scientífic Procedures on Living Animals - 1995- HMSO, London).

Estes animais são utilizados em estudos de genética (32%), mecanismos para tratamento e/ou prevenção de doenças e testes de eficácia e segurança de medicamentos (31%), pesquisa médica e biologica fundamental (p.ex. para saber como o cérebro funciona) (31%), testes de segurança para produtos não médicos, p.ex. pesticidas (4%) e desenvolvimento de novos métodos de diagnósticos (25). nenhum teste para cosméticos desde 1998 (Home Office 2003/RDS).

Aqueles que são contra o uso de animais em pesquisa científica deveriam, por uma questão de coerência moral, rejeitar para si o uso de qualquer conhecimento médico ou cirúrgico baseado em pesquisas com animais, o que abrangeria quase todos os medicamentos e as técnicas cirúrgicas em uso atualmente.

Em face do exposto acima, só nos resta concluir que a proibição do uso de animais em pesquisas científicas será um grande passo em direção ao obscurantismo da Idade Média e considerar a possibilidade de que alguns destes críticos têm pouco ou nenhum conhecimento de pesquisas científicas e de como os cientistas pensam.

Antonio Sergio Ferreira Baptista
asbaptista@terra.com.br

LIBERATION


Pakistan: violentes manifestations après l'assassinat de Benazir Bhutto

L'ex-Premier Ministre est décédée de ses blessures suite à un attentat kamikaze qui a fait une quinzaine de morts. Plusieurs manifestations et scènes de violences ont suivi cet assassinat. Les forces de sécurité ont été placées en «état d’alerte».
Liberation.fr (source AFP et Reuters)
LIBERATION.FR : jeudi 27 décembre 2007
145 réactions

A deux semaines des élections législatives, Benazir Bhutto a été tuée jeudi dans un attentat suicide qui a fait une quinzaine de morts après une réunion électorale de son parti d'opposition à Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad.
Sur le même sujet


L'ex-Premier ministre a reçu une balle dans le cou tirée par le kamikaze avant l'attentat-suicide qui l'a visée. Elle a succombé à ses blessures à l'hôpital, mais les enquêteurs n'ont pu encore savoir si elle est morte de sa blessure au cou ou des suites de l'explosion. La police précise que le kamikaze a tiré plusieurs coups de feu en direction de Bhutto au moment où celle-ci quittait la réunion organisée dans un parc public. L'homme s'est ensuite fait exploser.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Javed Cheema confirmait plus tôt qu' «il s'agissait d'un attentat suicide, un kamikaze a fait exploser la bombe qu'il portait sur lui alors que les gens quittaient le meeting», en précisant que le nombre de victimes était encore incertain.

Ce drame est le dernier d'une série record d'attentats suicide dans l'histoire du Pakistan, qui ont fait plus de 170 morts en 2007. Le plus meurtrier, pour l'heure, avait déjà visé une manifestation du parti de Benazir Bhutto: le 18 octobre, deux kamikazes avaient tué 139 personnes dans un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient, à Karachi, la grande ville du sud, son retour de six années d'exil. L'ex-Premier ministre avait échappé aux kamikazes parce qu'elle se trouvait à l'intérieur d'un camion blindé en tête du défilé.
Idé

Les forces de sécurité en état d’alerte

Après l’assassinat de Bhutto, les forces paramilitaires ont été placées en «alerte rouge», des partisans de l’ex-Premier ministre descendant dans les rues pour exprimer leur colère. Plusieurs scènes de violences ont été observées à travers le pays, entraînant la mort de 4 personnes, selon un bilan provisoire de la police, jeudi soir. C’est dans la province natale de Benazir Bhutto, le Sindh, où une vingtaine de véhicules ont été détruits par le feu, et à Karachi, la capitale de la province, que l’effervescence était la plus forte. La situation se dégradait d’ailleurs à Karachi, où des milliers d’habitants sont descendus manifester dans les rues. Trois banques, un local administratif et un bureau de poste y ont été incendiés. Des pneus ont été enflammés dans beaucoup de rues de la capitale, où ont été signalés des coups de feu et des affrontements à coups de pierres. La plupart des commerces et des marchés de la ville ont fermé.

Des manifestations limitées ont aussi eu lieu à Rawalpindi et à Islamabad, la capitale pakistanaise, située à proximité. Dans le Nord montagneux, des manifestants ont barré des rues avec des pneus enflammés et scandé des slogans contre le président Pervez Musharraf à Muzaffarabad, capitale du Cachemire pakistanais. La police a reçu pour instruction de bloquer la route principale reliant les provinces du Pendjab et du Sindh, apparemment pour empêcher des manifestants de se déplacer. A Lahore, dans l’est du pays, des militants du parti de Bhutto ont incendié trois autobus et endommagé plusieurs autres véhicules.

Le chef de l'Etat, qui a qualifié l'assassinat de Bhutto «d'immense tragédie nationale», a décrété un deuil de trois jours dans le pays, a indiqué Pakistan Television (PTV).
DITADURA É DITADURA E BARBÁRIE É BARBÁRIE, ESPEREMOS QUE OS IDIOTAS DA EX-QUERDA NÃO SOLTEM FOGOS, COMO SEMPRE FAZEM QUANDO A BARBÁRIE SE MANIFESTA.
RR




Benazir Bhutto Assassinated in Pakistan

Former Prime Minister Killed 12 Days Before Parlimentary Elections

Pakistani Leader Killed at Rally
Twelve days before Pakistanis are set to vote in national parliamentary elections, Benazir Bhutto, former prime minister and political opponent of President Pervez Musharraf, is killed during a political rally


By Griff Witte and Debbi Wilgoren
Washington Post Foreign Service
Thursday, December 27, 2007; 12:18 PM

RAWALPINDI, Pakistan, Dec. 27 -- Former Pakistani prime minister Benazir Bhutto was assassinated Thursday at a political rally, two months after returning from exile to attempt a political comeback.
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Bhutto, 54, was being driven from the rally in her bulletproof vehicle when she asked that the rooftop hatch be opened so she could bid supporters farewell, according to several aides, including one who was sitting next to her.

As she leaned her head through the hatch, between three and five gunshots rang out, aides said. Bhutto sank back into her seat, just as a large bomb detonated to the left of her vehicle. Those inside the car said her face was badly bloodied. It was not clear whether she'd been hit by bullets or shrapnel from the bombing. She lost consciousness, aides said, and never regained it.

The explosion, apparently by a suicide bomber, killed at least 20 people outside the car, and injured many others. Police were investigating whether the bomber was also the gunman. One possibility was that the assailant fired the shots and then, after being tackled by security officials, detonated the bomb.

Earlier Thursday, at a different pre-election rally in this garrison city south of Islamabad, a rooftop sniper opened fire on supporters of former prime minister Nawaz Sharif leaving four dead and at least five injured.

The violence comes 12 days before Pakistanis are set to vote in national parliamentary elections, which have already been marked by enormous political turmoil. President Pervez Musharraf declared a state of emergency in November -- a move that he said was to combat terrorism but was widely perceived as an effort to stave off legal challenges to his authority.

Bhutto was rushed from the public park where the rally took place to Rawalpindi General Hospital, where a surgeon worked in vain to save her.

Her SUV was so badly damaged by the bomb that it could not make the drive; she was transferred en route to another private vehicle.

Thousands had gathered at the hospital by the time an official emerged from the hospital to say Bhutto was dead; the announcement triggered a roar of rage and grief.

Devastated supporters smashed the glass doors of the hospital and stormed the building to try and view her lifeless body. Even as ambulances continued to arrive bearing dead and wounded from the bombing, the crowd outside the hospital tore down and burned campaign posters showing candidates from Musharraf's party. Yelling "Musharraf is a dog," they blamed him for Bhutto's death.

"Today there is no more Pakistan. The woman who has defended us has died," said Sher Zaman as he beat his chest in mourning. "I'm 70 years old, but today I feel like an orphan."

Elsewhere in Pakistan, crowds were taking to the streets to demonstrate and riot in protest of the assassination, setting fires and pelting cars with stones, news services reported.

Se a revista Veja não noticiasse, dificilmente teriam sobrevivido.

COMENTÁRIO: A FRASE POSTA ACIMA, EM VERMELHO, ENCONTRA-SE NO ARTIGO ABAIXO. COLOQUEI ENFASE NO ENUNCIADO, PARA EVIDENCIAR O QUANTO A EX-QUERDA LULLISTA E AULICA É CEGA, SURDA, MUDA, SEM MEMÓRIA, CADUCA. BASTA LER O QUE ELA DIZ DA REVISTA VEJA, HOJE, QUANDO SE IMAGINA NO "PUDER" E NAS SUAS BENESSES.
O PIOR É LER COISAS ESCRITAS POR FEDELHOS, QUE AINDA CHEIRAM LEITE MATERNO, COM SUAS CONDENAÇÕES ABSOLUTAS EM NOME DA "REVOLUÇÃO", DE TODA IMPRENSA "BURGUESA". COMO SEMPRE, O ARTIGO ABAIXO É POSTADO PARA MOSTRAR A DIVERSIDADE COMO ÚNICO CAMINHO DEMOCRÁTICO.
RR


A ITÁLIA QUER PUNIR A OPERAÇÃO CONDOR. O BRASIL, NÃO.
Celso Lungaretti (*)


„Às 18 horas do dia cinco de dezembro de 1973, meu pai Joaquim Pires Cerveira (...) se dirigiu a um encontro com seu companheiro de Organização (...) João Batista de Rita Pereda. "Atropelado e seqüestrado com Pereda no centro de Buenos Aires pela Operação Condor, foram entregues à ditadura brasileira. Foi assassinado em 13 de janeiro de 1974 no DOI-Codi da Barão de Mesquita, no Rio de Janeiro, tornando-se um desaparecido político. Dali para frente, a vida se resumiu na busca da verdade e dos seus restos mortais."

(Neusah Cerveira, jornalista, economista e geógrafa)


A Justiça italiana acaba de pedir ao governo do Brasil que colabore no interrogatório, prisão e extradição de brasileiros envolvidos na Operação Condor, um esquema de colaboração informal que sete ditaduras sul-americanas mantiveram durante o período 1973/1980 para perseguir, aprisionar e atentar contra opositores que, exilados, estavam teoricamente fora do alcance de suas garras. Argentina, Brasil, Bolívia, Chile, Paraguai, Peru e Uruguai foram as nações que facilitaram a atuação extraterritorial de agentes da repressão, na maioria das vezes capturando „subversivos" para serem secretamente recambiados a seus países de origem, supliciados em centros clandestinos de tortura e depois executados.

A ocultação dos cadáveres, para que não restassem indícios dos crimes cometidos, era o desfecho habitual dessas operações. Um documento secreto da Força Aérea Brasileira, datado de 1977, revela que se chegou a lançarem corpos no Rio La Prata, mas essa prática teve de ser abandonada porque estava „criando problemas para o Uruguai, como a aparição de cadáveres mutilados nas praias", passando-se então a utilizar „fornos crematórios dos hospitais do Estado (...) para a incineração de subversivos capturados".

Foi, enfim, uma alternativa hedionda a que as ditaduras recorreram para evitar os trâmites demorados dos processos de extradição e as garantias que o Direito internacional prescreve para os extraditados. Um caso célebre no Brasil foi o seqüestro, em 1978, dos uruguaios Lilian Celiberti e Universindo Díaz, vindos a Porto Alegre, com seus dois filhos, para denunciar os crimes da ditadura do seu país. Os quatro foram capturados e entregues às autoridades do Uruguai. Se a revista Veja não noticiasse, dificilmente teriam sobrevivido.

Só no ano 2000 Universindo Díaz sentiu-se suficientemente seguro para relatar o ocorrido. Segundo ele, os espancamentos começaram já no apartamento em que ele foi capturado e prosseguiram na sede do DOPS: "Nos bateram brutalmente. Nos colocaram no que chamam no Brasil de 'pau-de-arara' e dependurados do teto, pelados, nos deram choques elétricos, água fria, golpes, e assim nos foram interrogando durante horas e horas. Havia uma espécie de divisão internacional de trabalho ˆ os brasileiros golpeavam e os uruguaios nos interrogaram".

O episódio de maior repercussão internacional foi a explosão de uma bomba no carro do ex-embaixador chileno Orlando Letelier, em pleno bairro diplomático de Washington, no ano de 1978. O atentado cometido por agentes da repressão política do Chile, a Dina, resultou na morte de Letelier e de sua secretária, causando tanta indignação nos EUA que o país deixou de apoiar a ditadura andina.

ATRASO, TIMIDEZ, IMPUNIDADE . A punição dos responsáveis por esse período negro da história sul-americana está acontecendo com atraso e timidez, face à enormidade dos crimes cometidos. Muitos carrascos morreram antes de responderem por suas atrocidades. Mas, pelo menos, sinaliza para os pósteros que nem sempre as regressões à barbárie ficam impunes.O Uruguai condenou à prisão o ex-ditador Gregório Alvarez, em cujo governo „desapareceram" 20 cidadãos uruguaios aprisionados na Argentina e repatriados ilegalmente, não aceitando sua alegação de que desconhecia a existência da Operação Condor. A morte livrou o antigo ditador chileno Augusto Pinochet de cumprir a merecida pena de prisão pela autoria de nove seqüestros e um homicídio, mas seu ex-chefe de Inteligência Manuel Contreras não escapou: foi condenado a 15 anos de detenção por ter planejado o assassinato de Letelier e está preso.A Argentina também está prestes a julgar o ex-ditador Rafael Videla e 16 cúmplices, por crimes contra a humanidade.

E, agora, a juíza italiana Luisanna Figliolia expediu um mandado de prisão contra 140 pessoas suspeitas de participação na Operação Condor, dentre elas 11 brasileiros, 61 argentinos, 32 uruguaios e 22 chilenos. O caso tramita desde 1999, a partir de denúncias apresentadas por parentes de 25 italianos que desapareceram sob regimes militares na América Latina.

O ministro da Justiça Tarso Genro logo descartou a extradição, por considera-la „inconstitucional", dos acusados brasileiros. Ficou implícito que, na opinião do ministro, dificilmente eles serão punidos, embora Tarso vá tomar as providências burocráticas rotineiras, ao receber o pedido das autoridades italianas. O Exército, por sua vez, informou à UOL que não vai se pronunciar oficialmente sobre o caso, que está sob tutela do ministério da Justiça por envolver "a soberania brasileira". Essa preocupação com a soberania aparentemente não existia quando se franqueava o território nacional para a caçada a casais inofensivos e suas crianças. Então, para nosso opróbrio, só nos resta concordar com o procurador da República italiano Giancarlo Capaldo: "Esse processo nasceu na Itália porque os países unidos em torno da Operação Condor decidiram não abrir investigações sobre o assunto. A Itália está fazendo o possível para evitar a impunidade e para que operações como essa não voltem a acontecer".

* Celso Lungaretti é jornalista e escritor. Mais artigos em http://celsolungaretti-orebate.blogspot.com/

quarta-feira, dezembro 26, 2007

No Blog de Catherine Kintzler, link abaixo, um bom texto sobre teatro, Rousseau e os pensadores do sec. XVII

Deux grandes critiques du théâtre :
Nicole et Bossuet ; Jean-Jacques Rousseau
par Catherine Kintzler en ligne le 28 janvier 2007

Les fortes similitudes entre la Lettre à d'Alembert sur les spectacles de J.-J. Rousseau et les critiques rigoristes du théâtre au XVIIe siècle (notamment les Maximes et réflexions sur la comédie de Bossuet) et leur rapport commun avec une origine platonicienne ont été soulignés par les commentateurs. Mais la ressemblance des textes pourrait bien à la fois révéler et masquer des conceptions diamétralement opposées s'agissant de la théorie des passions.


Sommaire de l'article
1 - La fiction coupable et les passions
2 - Les passions : vraies ou fausses ?
3 - La question du concernement. Idolâtrie ou fétichisme ?
4 - Deux programmes de "régénération" : conversion et reconversion
5 - Haïr l'opéra par amour ou par haine du théâtre ?
Notes


"Qui saurait connaître ce que c'est en l'homme qu'un certain fonds de joie sensuelle, et je ne sais quelle disposition inquiète et vague au plaisir des sens, qui ne tend à rien et qui tend à tout, connaîtrait la source secrète des plus grands péchés."
Bossuet, Maximes et réflexions sur la comédie

"Je n'aime point qu'on ait besoin d'attacher incessamment son cœur sur la scène, comme s'il était mal à l'aise au-dedans de nous"
Rousseau, Lettre à d'Alembert sur les spectacles



Je prendrai pour point d'appui la violente critique du théâtre qui se développe à l'âge classique, d'abord sous sa forme rigoriste - les traités de Nicole et Bossuet (1) -, puis telle qu'elle est reprise par Rousseau dans sa Lettre à d'Alembert sur les spectacles. Ces deux séries de textes offrent des similitudes frappantes ; et pourtant elles relèvent de conceptions diamétralement opposées au sujet de la théorie des passions et indiquent ainsi un clivage irréversible qui sépare Rousseau des grands théoriciens classiques. Bien entendu, cette similitude et la question des divergences qu'elle peut masquer ont été déjà relevées par plusieurs commentateurs, notamment Margaret M. Moffat dans son ouvrage Rousseau et la querelle du théâtre au XVIIIe siècle qui elle-même cite le commentaire de Fontaine dans son édition de la Lettre à d'Alembert, et plus récemment d'une part Jean Goldzink dans Les Lumières et l'idée du comique (Cahiers de Fontenay : ENS Fontenay-Saint Cloud, 1992) et d'autre part Laurent Thirouin dans son édition du Traité de la comédie de Nicole (Paris : Champion, 1998) ainsi que dans l'ouvrage qu'il a consacré à la querelle du théâtre (2) . Je me propose de rendre compte de cette similitude et de cette opposition d'une manière quelque peu différente (3).

1 - La fiction coupable et les passions

La critique du théâtre suppose une théorie des passions qui permet d'accéder à la question décisive du plaisir ; son opérateur principal est le concept de fiction. La fiction théâtrale s’emploie à manipuler les passions afin de les présenter dans leur aspect agréable. Le poète procède à une sorte d’extraction et d’affinement des passions, il les arrache à la vie ordinaire (où elles sont toujours amères, où elles nous sont toujours à charge) et les traite de manière à leur donner un éclat qu’elles n’atteignent jamais dans la vie. Ainsi la fiction est une opération de transmutation des passions, ce sont ces passions métamorphosées par la grâce de la poésie que nous venons chercher au théâtre.
La scène, en général, est un tableau des passions humaines, dont l'original est dans tous les cœurs: mais si le peintre n'avait soin de flatter ces passions, les spectateurs seraient bientôt rebutés, et ne voudraient plus se voir sous un aspect qui les fît mépriser d'eux-mêmes. (4)
On décèle l'allusion à Platon, Livre X de La République (5). On reconnaît aussi l'argument avancé par Nicole dans Les Imaginaires: le théâtre et la fiction en général ne sont agréables que par leur degré d'éloignement du réel. Le sérieux de la vraie vie y est entièrement négligé:
Ce qui rend l'image des passions que les comédies nous proposent plus dangereuse, c'est que les poètes pour les rendre agréables sont obligés, non seulement de les représenter d'une manière fort vive, mais aussi de les dépouiller de ce qu'elles ont de plus horrible, et de les farder tellement, par l'adresse de leur esprit, qu'au lieu d'attirer la haine et l'aversion des spectateurs, elles attirent au contraire leur affection; de sorte qu'une passion qui ne pourrait causer que de l'horreur, si elle était représentée telle qu'elle est, devient aimable par la manière ingénieuse dont elle est exprimée. (6)
On comparera facilement avec Rousseau:
Plus j'y réfléchis, et plus je trouve que tout ce qu'on met en représentation au théâtre, on ne l'approche pas de nous, on l'en éloigne (GF, p. 79 ; OC V, p. 24).
Ainsi, en introduisant une forme de jeu, en desserrant la mécanique étouffante du réel, le théâtre introduit une respiration qui n'a d'autre fonction que de faire surgir le mal sous la forme d’un plaisir qui se prétend innocent sous prétexte qu'il relève d'une situation fictive. Ce plaisir, chez Rousseau comme chez ses prédécesseurs, s'installe sur le terrain ainsi déblayé de la passion: la fiction, en éloignant les motifs sérieux qui ordinairement la déclenchent, exacerbe une forme épurée et frivole de la passion qui dispose au vice:
Le mal qu'on reproche au théâtre n'est pas précisément d'inspirer des passions criminelles, mais de disposer l'âme à des sentiments trop tendres qu'on satisfait ensuite aux dépens de la vertu. Les douces émotions qu'on y ressent n'ont pas par elles-mêmes un objet déterminé, mais elles en font naître le besoin; elles ne donnent pas précisément de l'amour, mais elles préparent à en sentir […]. Quand il serait vrai qu'on ne peint au théâtre que des passions légitimes, s'ensuit-il de là que les impressions en sont plus faibles, que les effets en sont moins dangereux? (GF, pp. 119-120 ; OC V, p. 47.)
Ici encore la comparaison est facile, avec Nicole (7), et avec Bossuet:
[…] et s'il y fallait remarquer précisément ce qui est mauvais, souvent on aurait peine à le faire: c'est le tout qui est dangereux; c'est qu'on y trouve d'imperceptibles insinuations, des sentiments faibles et vicieux; qu'on y donne un secret appât à cette intime disposition qui ramollit l'âme et ouvre le cœur à tout le sensible: on ne sait pas bien ce qu'on veut, mais enfin on veut vivre de la vie des sens; et dans un spectacle où l'on n'est assemblé que pour le plaisir, on est disposé du côté des acteurs à employer tout ce qui en donne, et du côté des spectateurs à le recevoir. (8)
C'est bien, d'un côté comme de l'autre, la généralité et la pureté des passions génératrices de plaisir qui sont visées, et non pas nécessairement le rapport des passions à telle ou telle malignité particulière. Le théâtre est condamnable, non parce qu'il représente occasionnellement des mouvements vicieux, ni parce qu'il montre telle ou telle passion, mais parce qu'il propose au plaisir du spectateur un mode de représentation général des passions comme agréable en lui-même. La condamnation ne porte donc pas naïvement sur ce que la fiction prétend dire ou représenter, mais sur la nature des passions une fois affinées par la fiction. En le coupant du réel et du sérieux, le fictif conduit le spectateur dans les délices pervers d'une passion déconnectée de sa cause (9). La fiction fait surgir un objet ordinairement enfoui, elle révèle un état général, pur et élémentaire des passions.

Une telle critique est parfaitement compatible avec une théorie moderne des passions de type cartésien, dans laquelle on distingue entre la cause d'une passion (qui peut être réelle ou fictive, et à son tour vraie ou fausse) et son déroulement mécanique. Ce déroulement, par lui-même, est un agrément sensuel: voilà le point où convergent précisément les analyses de Bossuet et Nicole d'une part et celles de Rousseau de l'autre, conformément à la théorie classique. Qu'il faille condamner cette jouissance, lorsqu'elle apparaît ainsi, par le jeu du fictif, dans sa gratuité et dans sa forme abstraite, épurée, débarrassée de sa causalité réelle (10) : voilà encore qui les réunit tous trois, et qui les oppose au jugement cartésien, pour lequel seul un jugement faux est moralement condamnable. [ Haut de la page ]

Résumons l'essentiel des convergences.
La condamnation du plaisir engendré par la situation fictive :
1° s'inspire d'une même argumentation: le théâtre a pour effet de couper, de déconnecter les passions de leurs causes réelles et sérieuses, par un dispositif de soustraction puis de masquage et d'exaltation.
2° porte sur le même objet: un mouvement, une agitation, dégagés grâce au jeu introduit par l'opération de déconnection, se présentent comme agréments purement sensibles. C'est cet agrément qui est mauvais, immoral.
3° conduit aux mêmes conclusions, au même programme moral : il convient de resserrer la mécanique ordinaire des passions en les replongeant dans l'univers sérieux où elles reprennent leur dimension réelle et totale.
C'est en ce dernier sens qu'il faut comprendre l'appel, familier à Rousseau, au modèle lacédémonien. Un spectacle, certes, est bien pensable, mais seulement par la réintroduction du concernement et l'abolition du jeu qui sépare le réel du fictif, et donc la salle de la scène. Le vrai spectacle est dans les cœurs, il ne se place plus dans le cadre de la salle, dont l'organisation spatiale et architecturale accuse la thèse de la coupure et de la séparation, où tout est fait pour que le spectateur ne se sente jamais concerné en particulier; c'est le cadre de la fête qui autorise un spectacle où le regard n'est plus détourné de l'essentiel, où il est orienté vers la vérité:
Mais n'adoptons point ces spectacles exclusifs qui renferment tristement un petit nombre de gens dans un antre obscur; qui les tiennent craintifs et immobiles dans le silence de l'inaction; qui n'offrent aux yeux que cloisons, que pointes de fer, que soldats, qu'affligeantes images de la servitude et de l'inégalité. Non, peuples heureux, ce ne sont pas là vos fêtes! C'est en plein air, c'est sous le ciel qu'il faut vous rassembler et vous livrer au doux sentiment de votre bonheur.
Que vos plaisirs ne soient efféminés ni mercenaires, que rien de ce qui sent la contrainte et l'intérêt ne les empoisonne, qu'ils soient libres et généreux comme vous, que le soleil éclaire vos innocents spectacles; vous en formerez un vous-mêmes, le plus digne qu'il puisse éclairer.
Mais quels seront enfin les objets de ces spectacles? Qu'y montrera-t-on? Rien, si l'on veut. Avec la liberté, partout où règne l'affluence, le bien-être y règne aussi. Plantez au milieu d'une place un piquet couronné de fleurs, rassemblez-y le peuple, et vous aurez une fête. Faites mieux encore: donnez les spectateurs en spectacle; rendez-les acteurs eux-mêmes; faites que chacun se voie et s'aime dans les autres, afin que tous en soient mieux unis (GF pp. 233-234 ; OC V, p. 114-115).
Par le fantasme de la fête spartiate, Rousseau met bien sous les yeux du lecteur une assemblée d'église, une réunion pastorale et populaire où règnent la transparence et la communion. La fête populaire, en réduisant le jeu de la fiction, a les mêmes vertus simplificatrices que la mélodie: elle est mise en scène d'une voix intérieure et authentique.

Ainsi, et de même que les rigoristes du XVIIe siècle, Rousseau convie le spectateur à abandonner l'artifice de la représentation fictive pour l'inviter à revenir vers de vraies larmes et de vrais soupirs. A la différence de Nicole cependant, il introduit l'idée d'un divertissement innocent, mais cette divergence n'est pas vraiment décisive : en effet, s'agit-il vraiment de divertissement ? Rousseau ne réintroduit nullement la substance du spectacle, qui est l'exclusivité, la propriété de diviser la salle et la scène ainsi que les spectateurs entre eux, il imagine un anti-spectacle ou plutôt un auto-spectacle inclusif. Le peuple y est à lui-même son propre spectacle (11) ; l'abolition de la fiction conduit donc, d'un même mouvement, dans les espaces également sacrés d'une église ou d'une place publique conviviale. [ Haut de la page ]

2 - Les passions : vraies ou fausses ?

Il apparaît donc dès maintenant que la question de la vérité et du masque est décisive. L'éloignement ludique introduit par la fiction théâtrale arrache les passions à l'amertume qu'elles ont dans la vie réelle, et les rend agréables parce qu'il les place sous un régime de non-concernement, un régime d'irréalité (12). Un tel régime d'irréalité peut, à cette étape de notre étude, être caractérisé par une opération d'extériorisation. La perversion opérée par le spectacle consiste, par l'abstraction et l'exaltation des passions, à projeter le spectateur dans le "dehors" de la scène, c'est une extraversion, une projection imaginaire. D'où le programme moral qui, de part et d'autre, se laisse également décrire en termes de redressement, de réorientation et de resserrement sur le réel.

Jusqu'à présent, rien de vraiment décisif ne distingue Rousseau de ses prédécesseurs. Le problème se pose de savoir ce qui rend ce régime d'irréalité mauvais, et quelle est la nature de cette extériorité du théâtre : que vient-on y chercher au juste, et qu'est-ce qui la rend à la fois si agréable et si dangereuse?
Que disent les commentateurs modernes sur cette rencontre entre Rousseau et les rigoristes ?

Dans son ouvrage Rousseau et la querelle du théâtre au XVIIIe siècle (13), Margaret M. Moffat soulève, au-delà de la similitude, la question des divergences profondes entre les deux analyses. Selon elle, il s'agirait de l'opposition entre un point de vue religieux et un point de vue laïque:
La véritable portée de la Lettre à d'Alembert consiste donc en ce qu'elle reprend la thèse catholique d'un point de vue laïque, anti-chrétien, et la renouvelle en l'appliquant à un cas particulier.
écrit-elle page 97.

Laurent Thirouin reprend la thèse de l'opposition entre le point de vue religieux et le point de vue laïque. Il s'attache particulièrement à souligner la profonde convergence entre Rousseau et les rigoristes, qui épousent les uns et les autres la thèse de la "mimèsis contagieuse" (p. 123) à la faveur de l'identification du spectateur aux personnages. Le contraste le plus "flagrant" (p. 229) à ses yeux est que Rousseau ne rejette pas entièrement l'idée de divertissement, comme le fait Nicole.

Ces différences sont-elles fondamentales ? Je ne le crois pas. Je crois que l'opposition est d'un autre ordre, profondément philosophique et je souhaiterais ici développer une thèse que j’ai rapidement abordée dans mon Poétique de l’opéra français (14). En 1993, dans un très bel essai, Jean Goldzink a de son côté soutenu une position assez proche de la mienne et c’est à cette fructueuse lecture que je dois un nouvel approfondissement de la question (15). [ Haut de la page ]

On ne peut pas se contenter de l'opposition entre le point de vue religieux et le point de vue laïque ou civil pour distinguer les rigoristes et la Lettre à d'Alembert.
Tout d'abord, bien qu'il ne soit pas fondé sur une doctrine religieuse attestée, le raisonnement de Rousseau est d’essence religieuse, fondé qu'il est sur l'idée de sacralité et de primauté du lien social et sur l'idée que tout détachement de l'individu est pernicieux. C'est en vertu d'un argument pastoral que Rousseau réhabilite la fête, et construit l'idée oxymorique d'un spectacle inclusif.
D'autre part, Rousseau rejette bien le dogme du péché originel. Mais la dégénérescence liée dans sa pensée à l'apparition de l'état social instable infléchit la destinée du théâtre dans un mauvais sens, ou plutôt l'idée même de théâtre, de spectacle exclusif, ne peut naître que de ce moment perverti. Avec l'état social, qui déverrouille le premier état de nature, apparaît le moment critique, celui où les hommes apprennent à se comparer, à s'étudier à travers le regard d'autrui, à désirer la faveur de l'autre en même temps que l'abaissement de celui-ci ; ils apprennent d'un même mouvement à séduire, à mentir, à asservir. Le moment social des passions est leur contamination par l'amour-propre, il est contemporain d'une forme de rapprochement qui est en même temps une division : celle du commerce. C'est de cette division, cette exclusivité, que le théâtre est le symptôme, il y est pour ainsi dire dans son lieu naturel, un lieu extérieur où entrent en rapport des partes extra partes.


A mon sens, la divergence entre Rousseau et les rigoristes se trouve ailleurs. En termes de technicité philosophique, on peut l'exprimer ainsi: le raisonnement de la Lettre à d'Alembert est profondément platonicien, alors que celui de Nicole et de Bossuet ne l'est pas. C'est une forme de vérité qui rend les spectacles haïssables aux yeux de Bossuet et de Nicole ; c'est leur fausseté qui les rend odieux à Rousseau. Par ailleurs, le moment pervers de la projection imaginaire n'est pas situé au même point : phénomène originaire pour Nicole et Bossuet, il est pour Rousseau un phénomène secondaire, dérivé.
La divergence apparaît bien lorsqu'on examine deux similitudes, qui se révèlent n'être finalement que des homonymies. [ Haut de la page ]

3 - La question du concernement. Idolâtrie ou fétichisme ?

La première similitude est en amont de la théorie. Il est vrai que toute l'argumentation critique repose sur la thèse de l'intéressement du spectateur et sur celle d'une mimèsis contagieuse. Mais encore convient-il de poser une question discriminante : qu'est-ce qui, dans ce mouvement d'identification, est l'objet d'une reconnaissance et qui lui donne son caractère à la fois plaisant et condamnable ?

Pour répondre à cette question, il convient de revenir à l'analyse de la nature du mouvement passionnel. On s'en souvient, l'analyse s'autorise de l'opération de déconnection entre le réel de la cause d'une part et l'agitation pure d'autre part. En isolant le mouvement passionnel, le théâtre procède à une épuration: il réussit à dégager la passion comme pur mécanisme. Voilà qui permettait à Descartes de soutenir la thèse de l'innocence des passions, prises en elles-mêmes. Voilà qui, d'un autre côté, permet à Nicole, à Bossuet et à Rousseau, de soutenir la malignité de la même opération et du plaisir qu'elle produit. Il faut donc se demander d'où vient le plaisir pour savoir en quoi il pourrait être mauvais. Et il faut, d'autre part, résoudre une contradiction apparente présente chez Rousseau: comment le même auteur peut-il d'un côté exalter la voix passionnée (Essai sur l'origine des langues ; Dictionnaire de musique, notamment article "Imitation") et de l'autre jeter l'anathème sur les passions ressenties au théâtre ?
La différence dans le motif qui rend compte de la malignité des passions théâtrales (et en général de celles qui sont engendrées par une fiction) est très simple, mais absolue. Aux yeux de Bossuet et de Nicole, ces passions sont mauvaises parce qu'elles sont vraies : le spectateur se reconnaît dans sa vérité. Aux yeux de Rousseau, elles ne le sont que parce qu'elles sont fausses : le spectateur s'identifie à un leurre.

Voyons d'abord les rigoristes. Ils s'appuient sur l'argument de la déconnection entre cause et mouvement passionnel pour montrer que ce qui est ainsi isolé et épuré, et qui devient le support du plaisir, c'est précisément la vérité nue et fondamentalement UNE des passions, lesquelles se ramènent toutes à la libido sentiendi, forme de concupiscence qui caractérise l'homme pécheur (16). Les émotions ressenties au théâtre sont dangereuses du fait que, une fois coupées de leur rapport au réel qui les rend amères, une fois retravaillées dans une situation délibérée où le spectateur vient chercher du plaisir, elles deviennent agréables, non seulement parce qu'elles produisent de l'agitation, mais encore pour une raison plus profondément immorale qui dépasse une simple analyse mécanique: ce que le spectateur (et surtout la spectatrice) vient chercher au théâtre, c'est sa propre et haïssable vérité, c'est son moi. Le mouvement de déconnection ne doit pas nous abuser : loin de nous détourner de nous-mêmes, il ne nous y ramène que trop. L'opération qui place les passions sous régime d'irréalité nous renvoie notre propre vérité pécheresse.
Le théâtre semble détourner chacun de lui-même et l’intéresser à une forme de divertissement, certes l'homme vient s'y oublier, mais il vient aussi s'y retrouver pour le pire. On s’y plaît parce qu’on n'y est que trop concerné: S'y dévoile le plaisir attaché à la contemplation orgueilleuse de soi-même, à la complaisance pour soi-même, lesquelles sont mauvaises, parce qu'on y adore en soi l'ordre du péché et qu'on s'y détourne de Dieu. La vérité haïssable de la passion se dévoile, et c'est cette vérité que je viens adorer au théâtre. La vérité est ce que Nicole appelle le fond de corruption (chap. 12) dont toute passion est animée, fond que la situation fictive libère et prétend disculper. De son côté, Bossuet ramène l'unité des passions à un fonds de joie sensuelle :
Qui saurait connaître ce que c'est en l'homme qu'un certain fonds de joie sensuelle, et je ne sais quelle disposition inquiète et vague au plaisir des sens, qui ne tend à rien et qui tend à tout, connaîtrait la source secrète des plus grands péchés. (Maximes et réflexions sur la comédie)
Nicole et Bossuet souscrivent donc à la thèse classique sur le théâtre (qu’ils retournent contre celui-ci) : c’est précisément dans la mesure où les héros ne me ressemblent pas que je peux m’identifier à eux et me reconnaître.
On devient bientôt un acteur secret dans la tragédie : on y joue sa propre passion ; et la fiction au-dehors est froide et sans agrément si elle ne trouve au dedans une vérité qui lui réponde
Le spectacle me met face à ma propre vanité dont il est la célébration, mais il s'agit là d'un ressort secret et l'identification s'effectue par le détour de la projection imaginaire. L'extériorité du personnage - du masque - recouvre l'intériorité vaniteuse qui croit se suffire à elle-même. [ Haut de la page ]

Rousseau voit les choses de façon totalement différente. Les émotions ressenties au théâtre sont mauvaises du fait que, coupées du sérieux de la vie, elles s'offrent comme fiction et mensonge: on n'y est pas concerné; le regard se détourne de la vérité pour s'arrêter sur un obstacle matériel qui la cache en prétendant la révéler. Je crois que le théâtre me révèle mon humanité, je verse quelques larmes de crocodile, mais je n'ai fait que m'incliner devant une image, un masque dont l'effet est de me dispenser de tout devoir moral réel (17). L’éloignement des héros m’éloigne de ma propre vérité et fait que je me fixe sur une sorte de moment pervers qui, en prétendant représenter l’humanité, ne fait que la singer et la trahir.
Je n'aime point qu'on ait besoin d'attacher incessamment son cœur sur la scène, comme s'il était mal à l'aise au-dedans de nous (OC, V, p. 15)
L'identification aux personnages, le plaisir "pur" pris aux passions ainsi déréalisées ne contente que l'amour-propre qui est une passion seconde, forme dérivée et dégénérée de l'amour de soi. Ce plaisir reste donc fixé sur un état dégénéré, socialisé, médiatisé et urbanisé des passions, sur un moment inadéquat, inauthentique et faux. Le point d'où le plaisir tire sa source n'est pas originaire, mais dérivé:
Les continuelles émotions qu'on y ressent nous énervent, nous affaiblissent, nous rendent plus incapables de résister à nos passions, et le stérile intérêt qu'on prend à la vertu ne sert qu'à contenter notre amour-propre, sans nous contraindre à la pratique. (OC, V, p. 52-53)

Alors se résout la contradiction soulevée tout à l'heure. Les passions issues de l'ordre de la représentation sont fausses; elles ne sont que l'habit, la superficie symptomatique et parcellaire d'une vérité essentielle et non matérielle. Rousseau se montre, une fois de plus, platonicien: ce qu'il s'agit de condamner, c'est une erreur, une méprise qui place l'apparence en situation de vérité. Ce qu'on adore au théâtre n'est qu'un moment de l'histoire de l'humanité, le moment d'inauthenticité des passions. En revanche, il existe un état authentique des passions, dont témoigne, entre autres, la manière dont Rousseau "refait" Le Misanthrope de Molière. Cet état authentique et naturel des passions est également décrit au début de la Lettre de manière platonicienne sous la forme de l'amour du beau que Rousseau met explicitement en relation avec l'amour de soi-même :
L'amour du beau est un sentiment aussi naturel au cœur humain que l'amour de soi-même ; il n'y naît point d'un arrangement de scènes ; l'auteur de l'y porte pas, il l'y trouve ; et de ce pur sentiment qu'il flatte naissent les douces larmes qu'il fait couler
Ce sentiment naturel est bien entendu exploité par les poètes, et ils ne peuvent l'exploiter que parce qu'il existe déjà. Mais la plupart du temps, les poètes ne font que s'adresser à la partie médiatisée des passions, aux passions sociales.

Alors que pour les rigoristes le fond de l'âme humaine est la corruption, phénomène originel, celle-ci n'est pour Rousseau qu'un état second de l'humanité dont le fond originaire est innocent. Alors que pour les rigoristes, le théâtre atteint le fond primitif dans sa vérité, il ne le fait que par accident pour Rousseau et ne renvoie par essence qu'à des phénomènes dérivés.
Nicole et Bossuet dénoncent, à proprement parler, une idolâtrie (adoration d'un dieu qui n'est faux qu'en tant que dieu, mais qui est vraiment présent et à l'œuvre sous la forme de mon intériorité) Rousseau dénonce un fétichisme ou plutôt un stade fétichiste (moment incomplet, vue tronquée des choses, moment où l'on prend la partie pour le tout, la surface pour le fond, l'extérieur pour l'intérieur). Derrière une extériorité grimaçante, Nicole et Bossuet démasquent une intériorité imbue d'elle-même, alors que Rousseau fait de cette même extériorité le lieu de perdition d'une intériorité authentique. [ Haut de la page ]

4 - Deux programmes de "régénération" : conversion et reconversion.

La seconde similitude est en aval de la théorie, du côté programmatique. Les uns comme l'autre invitent en effet à un programme d'assainissement, de redressement, de régénération, d'épuration, qui se présente sous le régime de la conversion. Détournez-vous du théâtre et de ses mirages pernicieux et tournez-vous ailleurs.
La question discriminante devient alors : vers quoi, vers qui convient-il de se tourner ?

Regardons ce que propose Rousseau. Il convient, pour sortir de ce fétichisme, de renvoyer les hommes à la vérité et à l’authenticité de leur nature. En cela, le programme intimiste de spiritualisation, d'intériorisation et de mélodisation de l'esthétique se pense comme un programme d'assainissement, de régénération et de moralisation. Ce n'est pas vraiment une conversion, c'est plutôt un retour, une reconversion. Davantage : ce programme peut prendre figure esthétique pourvu qu'il évite le moment pervers de l'exclusivité, de la fausseté imitative. Une imitation "vraie" est possible, et Rousseau en énonce la règle esthétique à l'article "Imitation" du Dictionnaire de musique : il s'agit d'imiter directement le mouvement passionnel pris à sa source en évitant les médiations matérielles. Voilà aussi pourquoi la voix devient le schème de tout geste esthétique.
La reconversion à laquelle Rousseau invite le lecteur de la Lettre à d'Alembert n'a de commun avec celle que proposent les rigoristes que le mouvement, mais elle va exactement dans l'autre sens. Il s'agit pour lui de ramener l'homme à lui-même, à sa vérité propre, en le détournant des objets artificiels dont il s'éprend au théâtre et qui le corrompent en lui enseignant la duplicité. Moraliser, c'est être attentif aux sources de l'humanité par delà les obstacles artificiels dont le théâtre est exemplaire ; on parlera alors de régénération.

De leur côté, les rigoristes invitent plus à une conversion au sens strict qu'à une reconversion: il s'agit de détourner l'homme de lui-même et de le tourner vers Dieu, de l'arracher aux pensées par lesquelles il s'éprend de soi, pensées vraies - mais il s'agit de la vérité du mal. Abolir le théâtre alors, ce n'est pas se régénérer, ce n'est pas retourner aux sources de l'humanité, c'est aller puiser des forces dans l'amour de Dieu pour résister à la tentation de l'amour-propre. Le salut n'est pas en moi-même, mais dans un parcours de rédemption qui suppose que je sorte de moi pour rencontrer le Sauveur. Seule l'extériorité de ce parcours me sauve d'une intériorité désastreuse.
Pour Rousseau, devenir meilleur, c'est redevenir attentif à l'humanité naturelle et profonde que chacun porte en soi : le mouvement s'effectue de l'extérieur vers l'intérieur, c'est une moralisation.
Pour Nicole et Bossuet, devenir meilleur, c'est reporter son attention sur la grâce qui sauve l'humanité d'elle-même : le mouvement s'effectue vers l'extérieur, c'est une édification. Sortez de vous et pensez à Dieu disent les uns. Rentrez en vous-mêmes et pensez aux hommes dit l'autre. Cela signifie, également, mais pour des raisons différentes, qu'il faut fermer les portes des théâtres.

C'est donc dans la mesure où la passion est vraie qu'elle est mauvaise pour les uns et qu'elle est bonne pour l'autre. On mesure ici toute la distance qui sépare deux visions des passions. De même, c'est par une autre voie, celle de la moralisation qui remplace l'édification que la pensée réactionnaire trouve son souffle moderne. [ Haut de la page ]

5 - Haïr l'opéra par amour ou par haine du théâtre ?

Il a été question de théâtre, mais la question de l'opéra et celle de la musique ne sont pas indifférentes à cette relation tourmentée qui fait d'une similitude apparente une homonymie réelle.
Elle permet d'éclairer certains aspects de ce que j'appellerai la haine envers l'opéra. Il s'agit aussi d'un objet éminemment ambivalent. En effet, nous savons que la haine envers l'opéra peut s'alimenter à des sources opposées, et notamment à la haine envers le théâtre ou à l'amour du théâtre, à la haine envers la musique ou à l'amour de la musique.
Il est clair que les détracteurs du théâtre haïssent aussi l'opéra par haine du théâtre. Évidemment, cet élément est absent des textes de Nicole, qui sont antérieurs à la naissance de l'opéra français, mais il faut souligner que Nicole privilégie Corneille dans ses attaques ; or on sait par ailleurs que l'opéra applique une poétique d'inspiration cornélienne (18).
Les textes de Bossuet attaquent le tandem Lully-Quinault avec beaucoup de lucidité, et font de l'opéra une cible de choix (19). Quant à Rousseau, il est superflu de revenir sur ses attaques contre l'opéra français (20).

Pourquoi ? Parce que pour Bossuet, comme pour Rousseau, l'opéra révèle la vérité du théâtre : c'est un théâtre grossi, caricaturé et par là réduit à son essence. L'opéra montre le théâtre à nu ; il en montre le profonde complicité avec les passions concupiscentes (version Bossuet, qui attaque Lully) ; il en montre la profonde nature mensongère, la face grimaçante. Loin de le trahir - comme le pensent les amoureux du théâtre - il en accuse la grossièreté.
Dans le cas de Rousseau, on m'objectera que cette haine de l'opéra est sélective, puisqu'elle ne retient que l'opéra français. D'abord, il faudrait se pencher un peu plus sur les textes pour montrer que Rousseau situe aussi la musique et la langue italiennes dans le même moment dégénéré que la musique française. Simplement les Français, à leur habitude, sont toujours plus extrémistes - je dois dire que c'est une très belle manière de voir le classicisme. L'opéra français n'échappe pas à ce penchant classique et hyperbolique : il porte à son point le plus élevé l'essence profondément mensongère et gesticulatoire du théâtre. De même la musique française, passionnément haïe par Rousseau, représente hautement le moment aliéné, développé et dégénéré tout à la fois, moment où l'intériorité des passions s'est exilée dans la matérialité et l'exclusivité spectaculaires de l'harmonie. [ Haut de la page ]


Notes [Si vous avez cliqué sur un appel de note, retour à l'appel ]
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1 - Nicole, Lettres sur l'hérésie imaginaire, Liége: A. Beyers, 1667 (voir ci-dessous édition récente par L. Thirouin). Bossuet, Lettre au Père Caffaro et Maximes et réflexions sur la comédie, Paris: Anisson, 1694 ; édition par A. Gazier, Paris : Belin, 1881 où l'on trouve une notice récapitulative de l'ensemble de la querelle au XVIIe siècle. On consultera aussi Marc Fumaroli, "La querelle de la moralité du théâtre au XVIIe siècle", Bulletin de la Société française de philosophie, juil-sept. 1990.
2 - L'aveuglement salutaire : réquisitoire contre le théâtre dans la France classique, Paris : H. Champion, 1997. Quant au commentaire et aux notes de la Lettre à d'Alembert dans le volume V des Œuvres de Rousseau Paris : Gallimard la Pléiade, 1995, il n'y est fait mention des rapprochements avec Bossuet et Nicole que de façon purement anecdotique.
3 - L'essentiel de l'argumentation reprend le chapitre 2 de la IIIe partie de mon Poétique de l'opéra français de Corneille à Rousseau, Paris : Minerve, 2006 (1re éd. 1991).
4 - Rousseau, Lettre à d'Alembert, Paris: Garnier-Flammarion, 1983, pp. 68-69 et Œuvres complètes, Paris : Gallimard, 1995, vol. V, p. 17.
5 -Rappelons que Rousseau, sous le titre De l'imitation théâtrale, a fait un résumé du texte de Platon.
6 - Nicole, Lettres sur l'hérésie imaginaire, Liége: A. Beyers, 1667, vol. 2, chap. XIX.
7 - Voir le passage cité ci-dessus.
8 - Bossuet Maximes et réflexions sur la comédie, Paris: Belin, 1881, p. 50.
9 - Nicole, préface : "On tâche de faire en sorte que la conscience s'accommode avec la passion et ne la vienne point inquiéter par ses importuns remords […]. Le moyen qu'emploient pour cela ceux qui sont les plus subtils, est de se former une certaine idée métaphysique de la Comédie, et de purger cette idée de toute sorte de péché." Voir aussi le texte cité ci-dessus. Et Rousseau, OC V, p. 23 : "Si, selon la remarque de Diogène Laërce, le cœur s'attendrit plus volontiers à des maux feints qu'à des maux véritables ; si les imitations du théâtre nous arrachent quelquefois plus de pleurs que ne ferait la présence même des objets imités, c'est moins, comme le pense l'abbé du Bos, parce que les émotions sont plus faibles et ne vont pas jusqu'à la douleur, que parce qu'elles sont pures et sans mélange d'inquiétude pour nous-mêmes. En donnant des pleurs à ces fictions, nous avons satisfait à tous les droits de l'humanité, sans avoir plus rien à mettre du nôtre [...]"
10 - Voir Descartes, Les Passions de l’âme, art.94 et Lettre à Elisabeth du 6 octobre 1645 : "Et il est aisé de prouver que le plaisir de l'âme auquel consiste la béatitude, n'est pas inséparable de la gaieté et de l'aise du corps, tant par l'exemple des tragédies qui nous plaisent d'autant plus qu'elles excitent en nous plus de tristesse, que par celui des exercices du corps, comme la chasse, le jeu de la paume et autres semblables, qui ne laissent pas d'être agréables, encore qu'ils soient fort pénibles; et même on voit que souvent c'est la fatigue et la peine qui en augmente le plaisir. Et la cause du contentement que l'âme reçoit en ces exercices, consiste en ce qu'ils lui font remarquer la force, ou l'adresse, ou quelque autre perfection du corps auquel elle est jointe; mais le contentement qu'elle a de pleurer, en voyant représen ter quelque action pitoyable et funeste sur un théâtre, vient principalement de ce qu'il lui semble qu'elle fait une action vertueuse, ayant compassion des affligés; et généralement elle se plaît à sentir émouvoir en soi des passions, de quelque nature qu'elles soient, pourvu qu'elle en demeure maîtresse." Le principe de la position esthétique et celui du jeu consiste à ôter aux passions la causalité réelle et non libre qu’elles ont ordinairement dans la vie, une fois déconnectées de cette causalité extérieure, elles cessent d’être à proprement parler des passions (des phénomènes que l’on subit) et deviennent des mouvements causés par le sujet lui-même. Cela explique 1° que les passions, dans ces conditions, deviennent toutes agréables (même la tristesse et la haine) puisqu’elles sont ramenées à leur strict aspect mécanique 2° que dans de telles situations, on peut s’y livrer avec plus d’intensité que si la situation était réelle.
11 - Les uns et les autres font du reste appel à la même thématique populiste. Les Juifs, dit Bossuet dans la Lettre au père Caffaro, "n'avaient de spectacles pour se réjouir que leurs fêtes, leurs sacrifices, leurs saintes cérémonies: gens simples et naturels par leur institution primitive, ils n'avaient jamais connu ces inventions de la Grèce. Il n'y a point de théâtre, il n'y a point de ces dangereuses représentations: ce peuple innocent et simple trouve un assez agréable divertissement dans sa famille, parmi ses enfants; et il n'a pas besoin de tant de dépenses, ni de si grands appareils pour se relâcher." On comparera avec Rousseau: "Mais laissez un peuple simple et laborieux se délasser de ses travaux, quand et comme il lui plaît; jamais il n'est à craindre qu'il abuse de cette liberté, et l'on ne doit point se tourmenter à lui chercher des divertissements agréables: car, comme il faut peu d'apprêts aux mets que l'abstinence et la faim assaisonnent, il n'en faut pas, non plus, beaucoup aux plaisirs des gens épuisés de fatigue, pour qui le repos seul en est un très doux" (p. 130). Il est très tentant, comme le fait L. Thirouin, de comparer ici Guy Debord à Rousseau, mais Debord ne souscrit nullement à la thèse du peuple au spectacle de lui-même, on peut même avancer qu’il la combat comme le comble du leurre et le comble du virtuel qui caractérise la société du spectacle. Rousseau, en critiquant la séparation, ne la distingue pas de la distance ; or cette distinction est au contraire fondamentale chez Debord : l’homme aliéné est séparé de lui-même précisément parce qu’il est rivé sans aucune distance critique aux représentations.
12 - C'est exactement ce qu'exposait Descartes dans ses Passions de l'âme (articles 94, 147) et dans plusieurs Lettres (18 mai et 6 octobre 1645, janvier 1646) où il recourt du reste à l'exemple du théâtre et à celui de l'exercice physique. Mais loin de condamner cet effet d'allégement moral et de renforcement passionnel, Descartes y voit au contraire une marque de liberté et de puissance. Le moment non aliéné des passions est celui où elles peuvent être vécues comme un effet de la causalité libre du sujet, et l’une des modalités de cette causalité libre est le régime de la fiction.
13 - Paris: E. de Boccard, 1930. "Il y a entre Bossuet et lui des analogies qui vont jusqu'à l'expression, et qui ne sauraient être regardées comme fortuites. C'est ce que Fontaine a parfaitement indiqué dans l'introduction de la Lettre à d'Alembert ".
14 - Voir ci-dessus note 3.
15 - A l’évidence, il s’agit ici d’une convergence entre des travaux menés de façon totalement indépendante, car J. Goldzink n’avait certainement pas lu à l’époque ce que j’écrivais à ce sujet (noyé dans un ouvrage sur l’opéra) en 1990-91. J. Goldzink a parfaitement vu que la convergence entre Rousseau et les rigoristes tient à des motifs philosophiques profondément divergents, ce que je crois aussi. Mais il fonde l’essentiel de son argumentation sur le champ moral. Or je pense que la question de la vérité liée à celle des passions rend compte des positions (y compris morales) de manière plus simple et plus générale. Par ailleurs, J. Goldzink sous estime la pénétration et la force des arguments rigoristes comparés à ceux de la Lettre à d’Alembert, peut-être parce qu’il a restreint son examen aux textes de Bossuet, laissant de côté le Traité de la comédie de Nicole. Quoi qu’il en soit, Les Lumières et l’idée du comique est ce que j’ai lu de plus éclairant et de plus stimulant sur la question. Pour l’essentiel, du reste, ma thèse s’accorde avec la sienne : la moralisation effectuée par les Lumières remanie l’édification morale chrétienne, mais elle le fait au nom d’un humanisme moderne qui n’a plus rien à voir avec la doctrine chrétienne pour laquelle l’homme n’a de valeur que par l’extériorité du salut.
16 - Bossuet, Maximes… : "Il faut, dit Saint Augustin, distinguer dans l'opération de nos sens la nécessité, l'utilité, la vivacité du sentiment, et enfin l'attachement au plaisir [note de Bossuet : Contra Julianum, I, IV, 14 ; Confessions, I, X, 31] : libido sentiendi. De ces quatre qualités des sens, les trois premières sont l'ouvrage du Créateur […]. Ces trois qualités ont Dieu pour auteur ; mais c'est au milieu de cet ouvrage de Dieu que l'attache forcée au plaisir sensible et son attrait indomptable, c'est-à-dire la concupiscence introduite par le péché, établit son siège. […] mais ce Père a démontré qu'elle est la même partout, parce que c'est partout le même attrait du plaisir, la même indocilité des sens, la même captivité et la même attache du cœur aux objets sensibles. Par quelque endroit que vous la frappiez, tout s'en ressent. Le spectacle saisit les yeux ; les tendres discours, les chants passionnés pénètrent le cœur par les oreilles. Quelquefois la corruption vient à grands flots ; quelquefois elle s'insinue goutte à goutte ; à la fin on n'en est pas moins submergé. On a le mal dans le sang et dans les entrailles avant qu'il éclate par la fièvre."
17 - "Au fond, quand un homme est allé admirer de belles actions dans des fables, et pleurer des malheurs imaginaires, qu'a-t-on encore à exiger de lui ? N'est-il pas content de lui-même ? Ne s'applaudit-il pas de sa belle âme ? Ne s'est-il pas acquitté de tout ce qu'il doit à la vertu par l'hommage qu'il vient de lui rendre ? Que voudrait-on qu'il fît de plus ? Qu'il la pratiquât lui-même ? Il n'a point de rôle à jouer : il n'est pas comédien." (OC, V, p 23-24)
18 - Je me permets de renvoyer sur ce point encore une fois à mon travail, voir notamment La France classique et l'opéra, Arles : Harmonia Mundi, 1998.
19 - Lettre au Père Caffaro : "Si Lulli a excellé dans son art, il a dû proportionner, comme il a fait, les accents de ses chanteurs et de ses chanteuses à leurs récits et à leurs vers: et ses airs, tant répétés dans le monde, ne servent qu'à insinuer les passions les plus décevantes, en les rendant les plus agréables et les plus vives qu'on peut.Il ne sert de rien de répondre qu'on n'est occupé que du chant et du spectacle, sans songer au sens des paroles, ni aux sentiments qu'elles expriment; car c'est là précisément le danger, que pendant qu'on est enchanté par la douceur de la mélodie, ou étourdi par le merveilleux du spectacle, ces sentiments s'insinuent sans qu'on y pense, et gagnent le cœur sans être aperçus."
20 - Lettre sur la musique française et La Nouvelle Héloïse. Dans ce dispositif reliant théâtre et opéra, il faut souligner que le passage de Lettre à d'Alembert sur les spectacles consacré à la critique des tragédies de Racine reprend les critiques que Boileau adressait à Quinault.
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Catherine Kintzler, 2007
A lire également sur ce blog : Dossier J.-J. Rousseau: musique, langage, morale et politique
1 - J.J. Rousseau, esthétique et morale
2a - Musique, voix, intériorité et subjectivité (1re partie)
2b - Musique, voix, intériorité et subjectivité (2e partie)

Publicada em 26/12/2007


Notas sobre a Spes Salvi (3)

Roberto Romano

No século 20, o pensamento kantiano se divide em dois segmentos, um ligado à ciência e outro próximo da razão prática. Ambos se dirigem para a esperança, mas em lados diversos do sujeito humano, nos quais o céu estrelado [anagrama da ciência newtoniana] e o imperativo categórico [a lei moral, fonte de liberdade] desvelam faces do sublime: "Zwei Dinge erfüllen das Gemüt mit immer neuer und zunehmender Bewunderung und Ehrfurcht, je öfter und anhaltender sich das Nachdenken damit beschäftigt: der bestirnte Himmel über mir und das moralische Gesetz in mir."
(Immanuel Kant, Kritik der praktischen Vernunft, 1788) É bom recordar que o Sublime, aqui evocado pelo "respeito" (Ehrfurcht)que substitui o medo (Furcht) nas consciências esclarecidas pela razão e suavizadas pela arte, marca a frase kantiana, coroada pela singela lembrança de Platão, sobre o filosofar enquanto força que toma o amigo da sabedoria num impulso da maravilha. Longe estamos do que é designado, nos manuais católicos e conservadores de filosofia, do "racionalismo intelectualista", suposto causador do "desencanto do mundo". A má fé, como bem disse um dia Merleau-Ponty, é a técnica do apologeta, seja ele católico, marxista ou...ateu. (Cf. Foi et Bonne Foi in Sens et Non Sens).

Só posteriormente, entretanto, a integralidade do sistema é valorizada em estudos sobre a Crítica do Juízo. Os herdeiros de Hegel de marca romântica pioram o marxismo dando-lhe o tom dogmático de metafísica sem epistemologia. Por mais que Marx tentasse instalar sua pesquisa no campo da crítica (em especial da economia política, visto que na juventude ele dependeu das críticas à religião e ao direito, na chamada “esquerda hegeliana”) prevaleceu o materialismo histórico e dialético, invenção de Engels. Na Dialética da Natureza estavam dadas as bases para a redução da crítica em crença “científica”, com padrões positivitas de um lado e delirante panlogismo de outro. Quando as consciências supostamente teóricas do Partido Comunista da URSS e da Europa estavam aptas a repetir banalidades empobrecidas do século 18 (como as formulações “dialéticas” de Roger Garaudy e de seus pares inquisidores) o que restou da crítica nas suas hostes é só o nome. Meia dúzia de fórmulas rígidas substituiu o pensamento.

Para citar um exemplo brasileiro dessas conciências sem crítica, vejamos o que diz um militante brasileiro sobre os “debates” no Partido orientado pelo Kremlin: “Nas raras vezes em que se discute, o objetivo da discussão é sempre o de discutir para assimilar (preste-se atenção à palavra, RR) o pensamento da direção (...) Ou melhor: não se discute, pedem-se esclarecimentos. Quando alguém diverge é imediatamente admoestado: ‘Você é o único que discorda’, ou: ‘Quer o camarada enxergar mais e melhor que a direção?’ , e o audacioso indagador chega a conformar-se: se sou só eu quem discorda, quem deve estar errado sou eu” (A. Barata, A Vida de um Revolucionário, 1978). O trecho, eu o retiro do mestrado defendido na Unicamp por S. J. Rückert, Persuasão e Ordem, em 1987. Tal servilismo veta o Sapere aude kantiano [herança da poesia clássica e do pensamento filosófico romano] e toda consciência que leve o Partido, com sua alegada majestade, ao tribunal da razão.

Tal endurecimento da inteligência não é obra solitária do estalinismo. Proclama Trotski, no 13 Congresso do PC da URSS: “Ninguém dentre nós (...) nem pretende nem pode ter razão contra seu partido. Definitivamente, o partido tem sempre razão (...) Não se pode ter razão a não ser com e para o partido, porque a história não tem outras vias para realizar sua razão”. (citado por Cl. Lefort, Un homme en trop, Rückert p. 44). A teoria (uma ideologia de granito, diz Lefort) substitui a pesquisa empírica e a crítica lógica. O militante não pensa com seus próprios recursos, recebe o mundo e a lógica no Partido, onde assimila verdades geradas por Stalin, Trotski, Prestes. A teoria jamais está errada. Os que a aplicam, salvo os excepcionais indicados, cometem “desvios” doutrinários. O remédio é inculcar nas mentes a “linha” correta. Donde a conclusão, para os dirigentes revolucionários de que o importante não é gerar pessoas críticas (incômodas...) mas formadas pelo “espírito de disciplina e intransigência na luta pela aplicação da linha no partido e contra todos os desvios do marxismo-leninismo” (Prestes, Informe do balanço do Comitê Central do PC do B ao 4 Congresso do Partido Comunista do Brasil, Revista Problemas, n 64, 1954). Para uma análise certeira e brilhante da ausência de epistemologia digna deste nome (o outro lado do fundamentalismo “dialético” nos vários setores marxista), ler Orlando Tambosi, O Declinio do marxismo e a Herança Hegeliana, Lucio Collettti e o Debate Italiano (1945-1991, Ed. UFSC).

Com essa fé em deuses que exigem carne militante, nenhuma surpresa ao surgir uma corrente marxista que pretendeu resgatar valores religiosos, culturais e políticos anteriores à Proletarskaya kultura. Para tal setor, o marxismo partilha o materialismo da burguêsia indústrial. Ernst Bloch une Marx e utopia, o que lhe traz a desconfiança dos dirigentes partidários, apesar das suas declarações de fidelidade a Lenine e a Stalin, à RDA e à URSS. Em 1951, ele foi aposentado sem pedir e passou a ensinar em Tübingen. Logo após, o Partido efetivou uma Conferência sobre as questões trazidas pela filosofia de Bloch. Nela, os donos da teoria oficial acusavam o seu anti-materialismo e idealismo. A principal acusação foi o nexo entre seus escritos e o milenarismo judeu-cristão. A obra importante de Bloch é o Princípio Esperança.

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